4. DANIEL COSSETTE (1988 - 1991)

L'EFFERVESCENCE

Depuis l'existence de la Maison St-Jacques, déjà un quart de siècle, à chaque fois qu'une direction était offerte à un membre permanent de l'équipe, elle incluait une dimension politique importante. Son représentant veillait à faire reconnaître la nécessité d'expérimenter des approches en santé mentale qui privilégiaient de nouvelles façons d'écouter, d'accueillir, de "traiter" et de comprendre la folie. Ceci en donnant la parole à ceux qui vivent cette souffrance afin de trouver, avec eux, des moyens pour vivre en société avec l'aide appropriée comme personne à part entière dans la dignité.
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Accepter la direction, ça voulait dire refléter la tendance majoritaire des intervenants qui bâtissaient l'ailleurs et l'autrement, en véhiculant auprès de toutes les instances et partenaires concernés, l'importance d'innover en santé mentale et d'offrir des alternatives à la psychiatrie tout en s'assurant de ne pas institutionnaliser notre modèle.
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À cette même période, j'étais déjà engagé à défendre l'urgence, d'articuler et de véhiculer le courant alternatif au sein des organismes en santé mentale et publiquement pour faire resortir les enjeux de cette réalité remplie de préjugés.
De surcroît, ma participation à la création du regroupement des ressources alternatives en santé mentale et d'autres initiatives m'ont permis d'être en situation privilégiée pour participer à l'élaboration d'une nouvelle politique en santé mentale et d'y faire inscrire dans la gamme des services; le traitement spécialisé autre que psychiatrique
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En santé mentale, c'était la période des grandes consultations tripartites auprès de toutes les instances afin de participer à l'élaboration d'une nouvelle politique en santé mentale et de définir le plan d'organisation des services pour la région de Montréal. À cette époque, les concepts circulaient facilement et peut-être trop rapidement. On assistait à des regroupements, à la naissance d'initiatives de tous ordres, comme la venue des premiers centres de crise, du refuge des jeunes, des organismes pour les sans-abris, etc.
En région, le développement des organismes en santé mentale et d'autres sortaient de l'ombre; le communautaire était nécessaire comme partenaire au changement. C'était le début de la grande reconnaissance, mais à quel prix? (...)
Finalement, compte tenu qu'au niveau clinique l'équipe de la Maison Saint-Jacques était très articulée, son représentant pouvait s'investir afin de participer pleinement aux débats politico-cliniques et ainsi, donner une grande crédibilité aux prometteurs communautaires en santé mentale.

DANIEL COSSETTE

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